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Les 900 ans du Duché de Brabant

samedi 31 mars 2007, par Marie Smets

Projet de plantation

Cette année, le Duché de Brabant aura fêté ses 900 ans. A cette occasion, un projet de plantation de 900 arbres a été approuvé par la Province du Brabant (Pays-Bas) en accord avec les structures provinciales des trois partis verts (Groen, Ecolo ainsi que GroenLinks aux Pays-Bas).

Suite à l’acceptation de ce projet, 3 arbres pourront être offerts à chaque commune qui se trouve sur le territoire de l’ancien duché. Les provinces et la région de Bruxelles-Capitale recevront également 25 arbres chacune. Le ou les arbres restants seront offerts au duc et à la duchesse de Brabant, à savoir le prince Philippe et son épouse.

Le but du projet est de faire un lien entre l’histoire du duché et la gestion responsable de notre héritage commun. Cette action permettra de sensibiliser à la protection de notre environnement et au maintien d’une écologie durable préservant notre cadre de vie.

L’espèce d’arbre choisie pour le projet est le tilleul argenté brabançon, « Tilia tomentosa ‘Brabant’ ».

Caractéristiques de Tilia tomentosa ‘Brabant’

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• En milieu urbain et semi-urbain,

C’est un arbre caduc au port magnifique d’une hauteur de 15 à 20m. Il apporte harmonie et joie de vivre dans le paysage des allées et des parcs. Il supporte le revêtement routier fermé et la pollution atmosphérique. En juillet/août, il se fleurit de fleurs vert clair avec une odeur sucrée et comestible. Son feuillage, restant longtemps sur l’arbre, se colore en jaune beurré en automne. Il est insensible aux pucerons (pas de miellat). Comme tous les tilleuls, il supporte bien à la taille comme technique d’entretien. Il ne fait pas de rejets au pied de l’arbre contrairement aux autres tilleuls. Il ne produit pas de fumagine (pas de pellicule noire sur les pavés ou carrosseries).

Il nécessite un emplacement idéal. Il doit disposer d’une fosse de plantation adéquate (2m50 x 2m50 x 2m50). Il aura besoin d’un entretien et d’une gestion régulière (ramassage des feuilles, élagage,...). Il ne résiste pas au sel routier.

• En milieu rural,

C’est un arbre caduc au port magnifique d’une hauteur pouvant atteindre 25 à 30m de haut. Il possède une bonne résistance contre le vent et peut donc servir de coupe-vent. Il peut également résister à la sécheresse.

Il est « toxique » pour les abeilles, bourdons et autres apidés s’il fait trop chaud et sec. Plus il fait chaud et sec, plus il propage son parfum loin. Mais moins il dispose de ressource en eau, moins il produit du nectar. Et donc les abeilles ne meurent pas empoisonnée mais bien de faim. Par contre, s’il est planté dans un sol riche et frais, il peut être très mellifère permettant une production de 1200kg miel/ha.

Aspect historique du duché de Brabant

La naissance du Duché de Brabant est assez floue. Elle se situe aux alentours de l’an mille lorsque les comtes de Louvain annexent le comté de Bruxelles et mettent sous tutelle les abbayes de Nivelles et de Gembloux.

Entre 1085 et 1086, le comte Henri III de Louvain reçoit le comté de Brabant (et le titre de landgrave de Brabant) de l’empereur Henri IV sous l’Empire Romain Germanique. En 1106, Godefroid Ier, landgrave du Brabant et comte de Louvain et Bruxelles est nommé duc de Basse-Lotharingie par le roi des Romains Henri V et reçoit le marquisat d’Anvers.

Entre 1183 et 1184, Henri Ier de Brabant devient le premier duc de Brabant. A la fin du 12ème siècle, l’empereur supprime le duché fictif de Basse Lotharingie et le titre ducal passe aux comtes de Brabant.

La politique extérieure des ducs de Brabant tend à contrôler la route commerciale qui relie Cologne à Bruges. Ce qui pousse le brabant à s’étendre vers l’Est. Les ducs de Brabant aimaient le faste et la guerre. Le 5 juin 1288, Jean 1er, septième duc de Brabant en 1268, envahit la Rhénanie lors de la bataille de Woeringen. Victorieux, il annexa le duché du Limbourg (l’actuel pays de Herve) en s’alliant avec celui-ci durant près de 5 siècles. Le brabant devient indépendant de l’empire germanique.

Les ducs de brabant étaient toujours criblés de dettes. Les marchands du duché devaient dédommager les créanciers étrangers (anglais, italiens, etc.) qui avaient mis sous séquestre leurs marchandises. Une situation intolérable qui permis aux riches seigneurs, abbés et patriciens brabançons d’avoir une part de participation au gouvernement.

En 1312, le duc Jean II de Brabant donne une constitution au duché en signant la Charte de Kortenberg, complétée ensuite par l’acte de Joyeuse Entrée en 1356. Ces documents organisent la division du pouvoir entre le duc et les représentants du peuple du brabant et stipulent l’indivisibilité du territoire brabançon.

Au 14ème siècle, toute la population du duché du brabant parlait le « thiois » (le néerlandais du Moyen Age) sauf au sud où les habitants parlaient plusieurs dialectes latins. Cette population cherchait une notion d’intérêt collectif.

En 1406, le brabant passe sous contrôle bourguignon : Antoine, 2ème fils de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, devient le nouveau duc de brabant. En 1789, le Brabant se révolte contre les réformes politiques et religieuses de Joseph II au cours de la révolution brabançonne. Les états Belgique unis se forment mais sont rapidement reconquis et ensuite annexés par la France en 1795.

Le Brabant est alors partagé entre deux départements, celui de la Dyle au sud, autour de Bruxelles et celui des Deux-Nèthes au nord, autour d’Anvers. Après la défaite de Napoléon à Waterloo, ces deux départements sont transformés en provinces du royaume des Pays-Bas. Ces provinces sont ensuite devenues les provinces du Brabant et d’Anvers à la création de l’état belge en 1830. En 1995, la province du brabant se coupe en deux entre le brabant flamand et le brabant wallon, tandis que Bruxelles forme une région autonome.

Aspect historique de Grez-Doiceau à l’époque du Duché de Brabant

Au 10ème et 11ème siècle, Grez était le chef-lieu d’un petit comté d’une étendue médiocre, ou plutôt d’un territoire appartenant à des seigneurs portant le titre de comte. Les seigneurs de Grez formaient une lignée très ancienne. Plusieurs comtes de Grez ont été mentionnés dans de nombreux écrits. Parmi ceux-ci :

Le comte Werner de Grez qui fut l’un des glorieux compagnons du duc de Basse-Lorraine Godefroid de Bouillon lors de sa première croisade. Sa femme donna, vers l’an mille, différents biens à l’abbaye de Gembloux.

Le comte Henri de Grez fut, avec son frère Werner de Grez, l’un des témoins de la charte de fondation de l’abbaye de Flône en 1092 et de la cession de l’alleu de Genappe et de Baisy à l’abbaye de Nivelles en 1096. Il intervint aussi à la fondation du prieuré de Frasnes en 1099 alors que son frère était en croisade.

Le comte Rase de Pétrebais-en-Grez qui porta l’étendard des ducs de Brabant à la bataille de Woeringen en 1288.

Le domaine ducal de Grez avait, dans le principe, une assez grande importance. Le souverain y était représenté par deux officiers : un maire et un receveur. Rengold fut cité dans une charte de l’an 1209 comme l’un des maires de Grez.

Grez-doiceau, localité principale d’un comté du 11ème siècle, fut mentionnée pour la première fois dans une franchise de 1233. Le sceau dont se servaient les échevins fut apposé notamment sur la grande charte de Cortenberg en 1372.

Le territoire de Grez était répartit de plusieurs villages appartenant au duc et de plusieurs seigneuries qui furent sous la juridiction d’un maire particulier, représentant du duc et subordonné au bailli de Nivelles et du Brabant wallon.

Ces villages avaient une importance suivant le montant de leurs cotes dans l’aide votée en 1383 :

• Les villages du duc : Grez, Bossut, Nodebais, Doiceau à Grez, Ferrières à Grez, Laurensart à Grez, Mironsart à Grez, Hèze

• Les seigneuries : Chapelle-Saint-Laurent, Biez, Bonlez

Du 13ème siècle à l’an III , Grez fut le chef-lieu d’une chef-mairie du Brabant wallon. A partir de l’an III, il devint le chef-lieu d’un canton qui comprenait les communes suivantes : Archennes, Beauvechain, Biez, Bonlez, Bossut, Chapelle-Saint-Laurent, Dion-le-val, Dion-le-Mont, Doiceau, Gottechain, Grez, Hamme, Longueville, Mille, Nethen, Nodebais, Ottenbourg, Pietrebais, Rhode-Sainte-Agathe, Tourinnes et Weert-Saint-Georges. A partir de l’an X , Grez fut le chef-lieu d’un canton et d’une justice de paix qui se situait tous deux dans l’arrondissement de Louvain.

Par un décret impérial du 14 août 1811, la commune Chapelle-Saint-Laurent fut annexée à Pietrebais, la commune de Doiceau à Grez, la commune de Gottechain à Bossut et la commune de Mille à Hamme.

En 1822, la justice de paix a été supprimée de même que le chef-lieu d’un canton. La justice de paix fut d’abord réunie en partie à la justice de paix de Wavre (Archennes, Biez, Bonlez, Bossut, Dion-Le-Mont, Dion-Le-Val, Grez-Doiceau et Néthen), en partie au canton de Jodoigne (Beauvechain-Tourinnes, Nodebais, Hamme-Mille, Pietrebais, Chapelle-Saint-Laurent, Longueville) et en partie au canton de Louvain n°2 (Huldenberg ajoutée vers 1799, Ottenbourg, Rhode-Saint-Agathe, et Weert-Saint-Georges).

Grez reçut un drapeau d’honneur en 1832, en souvenir de la valeureuse conduite de quelques-uns de ses habitants pendant la révolution de 1830.

Aspect culturel :

Au 11ème siècle, deux agglomérations existent : Bossut sur le plateau entre le Train et la Néthen, et Gottechain autour d’une ferme du chapitre de Nivelles. Les ducs de Brabant y sont reconnus comme seigneurs « hauts-justiciers ». Les villageois suivent la coutume de Louvain.

En 1152, les habitants de Grez forment une corporation ouvrière munie d’une gilde placée sous la protection de Saint-Georges. La gilde constitua un serment qui fut reconnu officiellement en 1312 par la charte de Cortenberg sanctionnée par Jean II. Ce serment fut aboli et interdit sous le régime français (26 avril 1796) et hollandais (1828) pour disparaître en 1835. Heureusement, ce serment n’est pas resté dans l’oubli grâce à quelque gréziens qui en 1978 décide de le relancer.

Il existait à Grez quatre seigneuries principales : Pietrebais ou Grez, Bierkuit, Doiceau et Sart. On ne sait pas où habitèrent les comtes de Grez mais on suppose que leurs domaines sont passés aux mains des chevaliers de Grez, qualifié d’hommes libres (barons ou nobles de haut rang) ou membres de la familia du duc de Brabant.

Les légendes sur la fondation de l’abbaye de Florival parlent aussi des comtes de Grez mais sans certitude. Les ducs de Brabant ont probablement réduit les comtes aux titres de barons ou d’hommes libres de haut rang.

Sites de plantation proposés

• Non loin du château de Piétrebais-en-Grez qui est encore aujourd’hui une propriété privée, situé à Biez, plusieurs croisements au niveau de l’itinéraire de la promenade des trois Vallées (n°1) pourrait servir de lieux de plantation.

Les seigneurs de Bonlez possédaient plusieurs bois. Le bois de Geneval de 16 bonniers de terres et de bruyères formait une tenure relevant du duché de Brabant près de Bonlez. Le bois de Belloir de 3 bonniers de terres et 3 hommages se trouvait à Grand Sart, sous Grez, au lieu dit derrière le Broke.

• Entre Archennes et Gastuche, derrière Les Monts :

Le château d’Archennes est également une ancienne seigneurie vassale du duché de Brabant qui a été érigée en domaine indépendant au 15ème/16ème siècle et gouvernée par diverses familles de nobles.

Un ancien moulin à eau banal de Bossut, Gottechain, Guertechain, Pécrot, la Chaussée, Tingisart, Loucsart, Doiceau et Nodebais appartenait au domaine ducal de Brabant. Ce moulin, appelé de Loucsart, se trouvait sur la Dyle à l’endroit où se situe actuellement l’ancienne papeterie de Gastuche. Jean dou Mont d’Aske, abbé d’Afflighem et le prieur de Basse-Wavre le reçurent du duc de Brabant.

• Entre Archennes et Bossut.

Suivant l’itinéraire de la promenade de la verte voie, nos trois tilleuls pourraient apparaître face au plateau de la Malaise, derrière le bois de la Hocaille.

• Non loin du château de la Motte.

L’origine de la motte de Néthen remonterait au début du 11ème siècle quand des troubles sévères opposèrent le prince-évêque de Liège au duc de Brabant. La motte est attestée dans un acte de 1371. Participant à un réseau de tours-vigies jalonnant une enclave liégeoise en terre brabançonne, elle demeure un témoin de choix pour l’histoire militaire. Le site a été classé en 1994. (Le château de la Motte)

• A Gottechain, sur l’itinéraire de la promenade de Bossut-Gottechain, derrière le bois de Linsmeau et le bois de Beausart.

Nicolas, chevalier de Greis, avec le consentement du duc Henri 1er, donna à l’abbaye d’Alne : le bois de Festiaux, situé à Grez, près de la ferme de Beausart et les terres et bruyères annexées en 1209.

• A Grez, sur l’itinéraire de la promenade du Bercuit, entre le Champ de la Queu et Morsain :

L’ancien moulin banal de Grez, sur le Train, appartenait, par moitié, au domaine ducal et au seigneur de Piétrebais. Au 17ème siècle, le domaine ducal passa par engagère leur partie du moulin aux seigneurs hauts-justiciers de Grez. Ce moulin disparu pour laisser la place d’abord à une fabrique de clou, ensuite à une filature de lin wallon éclairée au gaz (1855).

Le bois de Berquit fut assigné par le duc Jean Ier à son frère Godefroid, seigneur d’Aerschot. Il formait une juridiction particulière de 277 bonniers s’étendant entre Grez et Dion-Le-Val, avec un maire, des jurés et des sergents. Un tribunal composé d’au moins 4 marchands de bois jugeant les délits forestiers siégeait au lieu-dit de la croix de Bierquit.

Dossier : Marie Smets